Le temps manque et les mises à jour se font appeler désire… mémoire, étude et tout le reste, les journées ne faisant que 24 h des choix sont à faire. Et les outils de microbloging étant devenu un outil bien plus réactif pour le commentaire d’actualité twitter à prit le dessus. Mon compte est par là.
J’ai profité d’une courte semaine de coupure pour lire autre chose que les ouvrages habituels relatifs à mon mémoire.
L’ANTISÉMITISME À GAUCHE, histoire d’un paradoxe de 1830 à nos jours, par Michel Dreyfus.
L’antisémitisme de gauche n’avait jusqu’ici pas fait l’objet d’un ouvrage d’universitaire et synthétisant le dix-neuvième jusqu’au vingt et unième siècle. Bien sur, ce thème avait déjà fait débat, dans la presse et sous la plume d’écrivains/penseurs, de Finkelkraut à BHL… Rien qui n’ai jusque-là une rigueur intellectuelle qui mérite qu’on s’y arrête, mais des documents d’actualité.
C’est maintenant chose faite. Si l’ouvrage n’apporte rien de neuf en terme de fait ; tout ce qui est dans l’ouvrage est de notoriété publique, il a le mérite de tout rassembler dans le même ouvrage. Même s’il on à parfois l’impression de faire la chasse à l’antisémitisme à tout prix, on assiste surtout à la mise en forme d’une synthèse s’intéressant à des parcours particuliers et un détachement total de son auteur.
Il s’agit bien là d’étudier un antisémitisme à gauche, et l’auteur s’attache bien à faire la différence avec un antisémitisme de gauche. Aucune spécificité réelle n’existe. On assiste à la coexistence de cinq antisémitismes qu’un peu limiter à deux pour être plus schématique, l’un d’extrême droite catholique fustigeant le peuple déicide et l’autre plus admit avant la Seconde Guerre mondiale et qui perdurera dans la bouche de certaine personnalité d’extrême gauche ou d’altermondialistes sur le thème du juif ultra capitaliste capteur des richesses du monde s’enrichissant sur le dos du prolétariat spolié.
L’ouvrage a le mérite de faire le point historiographique sur l’antisémitisme et son ressentit après la seconde guerre mondiale à un moment où l’on s’intéresse bien plus à la geste héroïque de la résistance et à la déportation sans reconnaitre la spécificité du génocide. Distinction qui est souvent oubliée.
Et un second point sur la gauche et le conflit israélo-palestinien.
Pour le reste, c’est une histoire assez classique et connue qui nous est donnée de lire et qui trouve son seul manque dans le fait que nous ne suivons qu’une foule de parcours particuliers ou d’organisations elle-même marginale sauf pour le cas du pcf. Nous n’avons pas d’histoire globale d’un antisémitisme qui aurait touché/ou non les classes populaires.
Enfin, on ressent une certaine difficulté de l’auteur à traiter la période la plus récente, celle qui part de la seconde intifada à aujourd’hui.
Aucune position n’est prise évidement, il y a même une analyse de l’excès de l’analyse de certain qui comme Finkelkraut ou le CRIF son rentré dans des systèmes d’analyse qui tiennent du même aveuglement que celui du pcf face à ce qui se passait en URSS. Le cas le plus évident étant le président du CRIF, Kahn qui en 2001 durant une vague d’acte antisémite qui explique le phénomène comme «prémisse d’une nouvelle nuit de cristal».
Position extrême qui consiste à refuser à quiconque toute critique de la politique israélienne sans tomber dans le soupçon d’un antisémitisme forcené encore plus chez des auteurs qui pensent que ce cancer de l’esprit serait foncièrement né à gauche.
Tout est évoqué jusqu’à l’affaire Siné que Michel Dreyfus décrit dans toute sa complexité. En passant par le cas Dieudonné, l’erreur avouée du Jean Gabriel Cohn Bendit soutenant Faurisson, mais ne liant pas synthétiquement le problème qui a longtemps résidé chez les verts sur cette question.
En revanche, l’auteur calque cette traque à l’antisémitisme comme apparition d’une prétendue «construction médiatique de l’islamophobie» (citant Deltombe). Au-delà du terme impropre d’islamophobie qui, de par le terme même, interdit toute forme de débat, l’analyse semble d’un coup moins complexe. Mais bon, cela ne concerne qu’un paragraphe sur un ouvrage de 300 pages.
Enfin, l’auteur ne manque pas de souligner la différence entre un antisémitisme réel et un antisémitisme ressenti par la communauté juive elle-même, ressenti qu’il explique par la communautarisation des juifs de France.
L’auteur conclu par une mise en garde. Que la gauche dans son ensemble et surtout sa frange à gauche de la gauche de gouvernement peut sombrer dans ces errements de l’esprit.
Un ouvrage d’un intérêt majeur qui malheureusement ne s’intéresse pas assez aux populations et à l’opinion des masses, mais aux dérives de certaines personnalités de gauche et de leur organisation/ou de la non-condamnation de ces organisations. Ne concluant sur aucune spécificité d’un antisémitisme de gauche, mais plutôt d’une ambiance sociétale de l’époque qui est tout de même et fort heureusement en voie de disparition.
À mettre dans tout les mains !
























Le prédicateur musulman, a (enfin!) accepter de débattre face à un contradicteur qui maîtrise son sujet. On se souvient qu’il y a encore quelques mois, le petit fils du fondateur des « freres musulmans » était invité chez Ruquier et qu’il a pu exposer son discours adresser aux journalistes sans, pratiquement, aucune contradiction. Donnant lieu à une impression d’éloge d’un grand penseur humaniste… oubliant surtout sa position sur le voile islamique, sur les horaires de piscine non mixte et sur le moratoire sur la lapidation.
